Underheaven


“Dzogchen et tantra” par Chögyal Namkhaï Norbu
juillet 5, 2008, 4:00
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Mon intérêt pour lire ce bouquin n’a jamais été très évident. Je l’avais depuis un bon moment dans ma liste qu’Amazon me recommandait pour mes futures commandes. Après quelques renseignements pris, le livre ne parlait nullement du tantra (ou si peu) et que c’était un artifice pour pouvoir vendre étant donné que le terme “Dzogchen” n’était pas très connu des pratiquants bouddhistes occidentaux. Je fis un jour un rêve lucide dans lequel je “croisais” ce bouquin dans mes escaliers. Je me suis alors dis qu’il faudrait le lire un jour. Finalement c’est en m’intéressant au Dzogchen et en commençant à pratiquer “Shiné” que j’ai décidé de me lancer à la lecture de ce bouquin pour voir les différences avec celui de Tenzin Wangyal et voir ce qu’il pouvait m’apporter de plus.

Je dois dire que je fus un peu déçu en regardant quelques pages du livre ainsi que la table des matières. Ce ne semblait pas être un livre pour enseigner le dzogchen avec les pratiques précises. Et en effet ce ne l’était pas.

Comme Tenzin Wangyal dans “Les prodiges de l’esprit naturel”, Namkhaï Norbu commence par nous raconter sa vie, et d’ailleurs il semble que ça vie soit le principale fil dans ce livre car en même temps que celui ci nous raconte sa vie il nous donne des explications de plus en plus précises sur le Dzogchen et sur les conditions de certaine de ces découvertes, de certains enseignements donnés.

“Dzogchen et tantra” n’est pas un manuel pour la pratique du Dzogchen, c’est dommage, mais je pense que c’est un bon livre d’introduction néanmoins pour le Dzogchen. Sans parler de pratique, Namkhaï Norbu nous explique néanmoins en profondeur ce qu’est le Dzogchen ainsi que les étapes dans l’avancé d’une telle pratique (sans toutefois décrire pour un étudiant les pratiques) ainsi que les buts et les résultats. On y observera par ailleurs les différences avec le Dzogchen bönpo présenté par Tenzin Wangyal (évoquées par Namkhaï Norbu lui même).

La lecture du livre n’est pas ennuyeuse. Ce n’est pas une suite linéaire d’explication technique. L’auteur se permet de nous promener à droite et à gauche dans ces expériences personnelles qui semblent souvent incroyable, le récit contient de la magie, des évènements un peu “paranormaux”, ce qui permet de ne pas s’ennuyer en imaginant les scènes comme dans un roman fantastique.

Au niveau des enseignements donnés aussi, dans ce livre, je dois dire qu’une partie m’a bien plus, c’est celle où le Dzogchen est présenté et mis en comparaison avec les autres pratiques et doctrines bouddhistes. Pendant un moment je me suis intéressé au Tantra (tantrisme), j’avais donc acheter un livre en conséquence (nommé “L’aube du Tantra”) qui était un livre d’introduction sur le tantrisme. C’était la retranscription d’une conférence d’un célèbre maitre bouddhiste tibétain (Chögyam Trungpa). Mais j’ai eu beaucoup de mal à voir l’essence du Tantra, il y avait certe des choses d’expliqué, mais c’était à la fois complexe et profond, mais j’avais l’impression qu’on en oubliait l’essentiel et le simple. Dans le livre de Namkhaï Norbu, j’y ai trouvé une réponse beaucoup plus clair, certes moins profonde, moins détaillé, mais compréhensible. Il y a aussi la comparaison avec les Sûtra.

En somme un bon livre pour l’introduction au Dzogchen (pas au bouddhisme par contre), n’attendez néanmoins rien d’autre qu’une explication théorique ainsi que des anecdotes sympas à lire, vous ne pourrez pas pratiquer avec ce livre (vaut mieux avoir un maître dans ce cas).



L’esprit et les pensées qui sautent.
juin 10, 2008, 7:51
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Depuis quelques temps, en fait depuis que j’ai lu pas mal de truc sur le bouddhisme je m’interroge et observe le fonctionnement de mon propre esprit. A cela s’ajoute la pratique du calme mental Chiné (aussi parfois écris Shiné) qui m’apprends d’autres états de mon esprit que je n’avais encore jamais expérimenter.

Non, ce n’est pas que mon esprit n’est jamais calme, ni que j’ai réussis à faire l’expérience de la pensée non-duelle, c’est simplement que je suis entré assez profondément dans le calme (mais pour la pratique il faut aller beaucoup plus loin que ce que j’ai fais jusqu’à présent). Avec cette expérience de calme, je fais des expériences psychiques différentes dans la vie de tous les jours. C’est peut-être pas qu’elles soient différente, mais je les perçois au pire (ou au mieux…) differemment.

Ainsi je vis des moment d’excitation forte, je suis quasi en train de sauter partout. Je sens parfois une grande inquiétude souvent non-justififée. Alors je me pose des questions sur ces états. Je suis à la base quelqu’un de calme (bien que pouvant m’énerver intérieurement sans pour autant l’exprimer en gestuel, en acte ou en parole) mais il se peut aussi que je sois stresser et que cela se voit extérieurement. Mais ces derniers temps j’ai l’impression que mes émotions telles que celles citées plus haut s’expriment de manière plus appuyée.

J’ignore d’où ça vient, j’ai deux théories : 1) La pratique du calme mental Shiné me fait entrer dans un calme et par effet d’habituation je le considère petit à petit comme un état normal, donc tout ce qui est plus haut prend des proportions plus grandes au niveaux des émotions. 2) Mes émotions sont comme sur une espèce de balance, si à certains moment je suis extrêmement calme, les émotions contraires, l’agitation, doivent sortir de manière plus puissantes. C’est une théorie bizarre, je sais pas si je dois y croire ou pas. Si quelqu’un a un avis.

Cela explique peut-être aussi le fait qu’il faille se débarrasser dans la tradition bouddhiste de certains voilent de l’ego, car je crois que ce sont ces voiles là qui agissent et me font m’exciter.



La voie du Bouddha pour les athées
mai 21, 2008, 1:39
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Le BouddhaIl y a quelques temps j’ai lu un article sur l’en-dehors (enfin… lu… pas en entier, et loin de l’avoir lu en entier, j’avais pas le temps et maintenant pour aller le rechercher…) et j’étais assez surpris de l’auteur qui parlait d’un désespoir énorme d’être athée. Un athée en effet, ne crois à rien (sauf à la science), mais en fait il ne croit qu’à la vie biologique. Il nait, il vit, il meurt et rien ne subsistera de lui. Ce qui a tendance à choquer les croyants pour qui l’âme et sa survie existe. Pour l’athée il n’y a qu’un moi qui sent, pense et agit, qui finira par ne plus rien sentir, ne plus rien pensé, ne plus agir, et surtout n’avoir jamais su qu’il existait.

Oui, parce que quand même quand on est athée on ne croit à rien après la mort, il n’y a absolument plus rien ! Pas de monde à voir, à explorer, pas de penser, pas de sensation, pas même la sensation d’exister, voir d’avoir exister, plus aucun souvenir. Il est certain que vivre une vie riche de chose et de concepts, d’interactions avec l’extérieur, et soudain que tout ça ne soit plus est quelque chose d’angoissant, et en tant qu’athée je l’ai vécu.

De plusieurs choses : 1) je trouve idiot pour les athées de se sentir desespérer face à la mort, ils ont une vie à vivre, et qu’importe ce qu’il feront cela aura toujours le même résultat. Ne serais-ce pas rassurant ? Car si l’on se plein de souffrir sur cette Terre, on sait qu’on ne souffrira plus dans le néant de toute façon. Alors pourquoi ne pas vivre sa vie pleinement ?

2) On voit bien que finalement le point de vue de ses athées désespérés n’est pas tellement différent du concept d’arc en ciel. Un arc en ciel conscient de lui même. Comment faire donc pour se libérer de cette peur de la mort ? Pourquoi ne pas utiliser toutes les doctrines qui utilisent se concept, qui l’intègre dans leur enseignement. Je pense au stoïcisme, mais aussi au bouddhisme (d’où le titre de l’article).

A ce moment là, certains me diraient “mais le bouddhisme est une doctrine religieuse”. Je répondrai “oui, et non”. Il existe effectivement un bouddhisme religieux, mais sa base peut-être récupérer par les athées, car elle est aussi une base d’autres types de bouddhisme beaucoup moins religieux. D’ailleurs il faut le dire aussi, beaucoup d’enseignement bouddhiste peuvent être transmit à des non-croyants ou même à des croyants d’autres religion. J’ai lu récemment “L’art de la compassion” du Dalaï Lama et il est tout à fait d’accord.

Le bouddhisme considèrent lui même la vie comme une illusion, la vie et la vue que l’être humain lui donne est éronné. L’être humain connait la souffrance, le Bouddha lui donne la méthode pour se libérer de ses souffrances. Les enseignements du Bouddha ne sont pas des choses que l’on dit et qui ne se vérifie que dans “l’au-delà”, contrairement aux autres doctrines religieuse (c’est précisément l’une des principales critiques des athées “pourquoi attendre quelque chose d’un monde duquel jamais personne n’est revenu ?”
), les enseignements du Bouddha sont des expériences qui s’offrent à l’esprit (ce qui est utile pour les athées qui ne croit pas en l’âme puisque les deux se distinguent). On peut connaitre le bonheur par cette voie, la fin des souffrances par la fin des différentes chaines qui nous tiennent (que le Bouddha énumère).

La voie du Bouddha offre notamment la possibilité de vue non-duelle du monde qui est un vrai état de conscience.

Après tout, n’est-ce pas pour un attachement au monde phénomènal que ces athées se retrouvent avec une peur si grande de la mort ? N’est-ce pas par ce qu’ils ont peur de perdre cette perception du monde ? N’est-ce pas la peur de perdre leur moi ? Mais si leur vision du monde changeait par une voie de transformation de l’esprit, ne pourrait-il pas vivre avec cette possibilité comme quelque chose de normal ? Cela est fort possible.

La spiritualité n’est pas que croyance, elle est transformation de l’esprit. L’esprit n’est pas un concept de croyant, c’est notre tête, notre cerveau. Les athées croient en la science, ils savent par conséquent que la nature humaine à une description et une envergure extrêmement limité comparé à ce qu’est un être humain que l’on croise dans la rue, car la plupart des choses qui composent notre être, notre moi, notre personnalité sont acquises, donné par la socialisation. Pourquoi ne pas changer ces vues du monde ?



Kunshi Namshé et le rêve lucide.
mai 9, 2008, 4:30
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C’est alors que je relisais le “Yogas tibétains du rêve et du sommeil”, qu’un “éclair de génie” me traversa l’esprit. Et si kunshi namshé pouvait s’exprimer dans le rêve lucide de la même manière que dans le bardo de l’existence ? Avant d’expliquer ce qui me fait penser cela, quelques définitions pour les néophytes.

Je crois qu’en ce qui concerne le rêve lucide, c’est expliqué dans les premiers articles du blog, il s’agit d’un rêve dans lequel on sait qu’on rêve.

Pour le bardo, dans le bouddhisme, il s’agit d’un état de transition entre la mort et la prochaine renaissance, il y en a plusieurs. Le bardo de l’existence est le bardo avant la naissance, d’après ce que j’ai compris dans les livres, c’est un monde semblable au notre, le mort se balade en tant que fantôme sans pour autant pouvoir agir sur la réalité (il peut voir ses proches, ce qu’ils font en temps réel…). Mais apparemment en plus des traces karmiques s’expriment tels des illusions et ces illusions peuvent amener le mort à réagir face à elles, il peut vivre des sentiments de peur ou autre face à celle ci. Alors qu’elles ne sont créées que par ses tendances karmiques.

Le karma, venons en. Il s’agit de l’action, des actions que nous faisons, bonne ou mauvaise et qui nous condionnent et conditionnent notre vie.

Le kunshi namshé, c’est un réservoir dans l’esprit (non-matériel) qui stocke les tendances karmiques et qui va les exprimer lorsque certaines conditions sont réunis (ses conditions ne sont pas précises et sont très différentes d’une trace karmique à une autre et d’un individu à un autre). D’après ce que j’ai compris (ou imagine), kunshi namshé dans le bardo de l’existence se viderait et exprimeraient les traces karmiques par des illusions.

Dans certains textes, il est expliqué que les morts peuvent voir des bandits les attaquer ou d’autre truc pas très joyeux. Ca ressemble beaucoup à un cauchemar en fait. Ce qui nous amène au rêve. Depuis des années, voir même depuis que je suis petit (ou alors juste depuis le début de mon adolescence) je fais un rêve récurrent (mais ne s’exprimant que de manière assez espacée), des gens occupent mon jardin, ils “squattent”, et j’essaye de les faire fuir en leur gueulant dessus du haut de ma fenêtre.

Mais voilà un rêve lucide, oui un rêve lucide, un rêve ou on est censé être conscient, qui va voir se cauchemar se respecter (à priori sans raison) :

Réveil en plein milieux de la nuit, puis sortis hors du lit facile. Je me lève dans le décor gris foncé de ma chambre, et je constate que ma vue n’est pas bonne et que le rêve lucide risque de ne pas durer longtemps ou d’être très instable. Je fixe comme prévu une chose. Là sur le coup, j’ai choisis l’arbre de mon voisin, miracle le rêve lucide deviens plus solide, et il prend des couleurs, je vois ainsi le ciel (gris foncé au départ) devenir bleu/noir et mieux encore j’y vois des étoiles, pleins d’étoiles, même proche de l’horizon (vu impossible à avoir en région parisienne pour cause de pollution lumineuse). Je décide ensuite de fixer une étoile, mais un regard ne pouvant pas toujours être fixe je me rends compte par de léger mouvement que l’étoile s’est coller à ma rétine.
Soudain je vois une lumière se baladant depuis les maisons voisines à ma gauche, genre lumière de lampe torche, je regarde un peu où elle va, et en fait se sont plusieurs personnes (5, 6 ou 7) qui pénètrent ainsi dans mon jardin et se dirige vers le fond. J’ouvre la fenêtre et perd un peu mon calme et avec mon calme probablement aussi ma lucidité, je tente de crier, de les interpeler, mais rien ne sort de ma bouche. Je tente alors de me calmer et me répète plusieurs fois que c’est un rêve, je retente le coups, je cris “qu’est-ce que vous foutez là ?” et derrière j’entends mon père, probablement dans sa chambre qui m’engueule, il me cris un truc genre “t’arrêtes de hurler !”. Ça me surprend beaucoup et je me dis “ca y est je suis dans la réalité”. Je me réveille et émet des sons, des mots, peut-être des phrases de ma bouche, appelant mon père car j’ai fait un cauchemar. C’était en fait un faux réveil, j’étais toujours dans un rêve.

En fait par ce rêve, je me demande si Kunshi namshé ne peut-il pas se vider dans le bardo du rêve (puisque le rêve est aussi un bardo dans le bouddhisme) ? On voit bien la structure du rêve, je ne fais rien, j’ai limite l’esprit vide. Et une partie de mon être s’exprime, il prend même son indépendance et moi je le prends pas comme il est, c’est à dire une illusion. Cela correspond à la description du bardo de l’existence où l’on est un peu emporté par une relation duelle aux illusions. Le but du bouddhiste est d’éviter de réagir de manière duelle à ces illusions.

Perspective :

Et si il était possible dans le rêve de manipuler les empreintes karmiques ? De les vider ? Ou de les modifier tout du moins ? Cela ne parait pas impossible, et les scientifiques dans leur étude du rêve lucide émettent ces possibilités (mais dans les termes et mots bouddhistes, ils utilisent les mots scientifiques, mais néamoins on peut faire le lien, d’ailleurs Tenzin Wangyal dans son livre du yoga du rêve l’explique bien, je vous invite à le lire), la possibilité de changer de comportement (mais dans la perspective du bouddhisme on pourrait alors modifier bien plus).